Le Malawi était venu au Maroc pour découvrir la CAN féminine. Trois semaines plus tard, les Scorchers sont à un match du titre africain. Pour une sélection qui n’avait jamais participé à la compétition, atteindre directement la finale constitue déjà l’un des plus grands exploits de l’histoire récente du football féminin continental.
Les signes annonciateurs existaient pourtant. Pour rejoindre le tournoi, le Malawi avait éliminé l’Angola et décroché sa première qualification. Son principal atout était connu : les sœurs Tabitha et Temwa Chawinga, deux attaquantes capables de faire basculer une rencontre à elles seules. Mais réduire le parcours malawite à ses deux stars serait injuste. Organisation défensive, discipline et capacité à exploiter les transitions ont permis à toute l’équipe de rivaliser avec des sélections beaucoup plus expérimentées.
Le tournoi a aussi changé le statut du pays. En atteignant les demi-finales, le Malawi s’est qualifié directement pour la Coupe du monde féminine 2027 au Brésil, une autre première historique. Le président de la Fédération malawite estime que les investissements récents dans le football féminin et les structures de développement commencent à produire des résultats visibles.
La finale contre le Cameroun représente désormais un formidable bonus, mais aussi une occasion unique. Le Malawi ne pourra plus surprendre de la même manière : son adversaire connaît désormais sa puissance offensive. Le véritable défi sera de montrer que cette épopée n’est pas seulement le produit d’un tournoi parfait, mais le début d’une nouvelle place du Malawi dans la hiérarchie africaine.








