Le débat autour de Carlos Queiroz ne porte plus uniquement sur les résultats des Black Stars. Nii Lante Vanderpuye, ancien ministre ghanéen de la Jeunesse et des Sports, a publiquement mis en cause le processus qui a conduit à la nomination du technicien portugais à la tête de la sélection. Il a également évoqué la possibilité d’une corruption dans la procédure. Cette accusation n’est toutefois accompagnée d’aucune preuve établie dans les éléments rendus publics avec ses déclarations.
Vanderpuye s’est exprimé sur Joy FM le mercredi 30 septembre, au lendemain de la défaite 4-2 du Ghana contre la Gambie. Selon les propos rapportés, il affirme ne pas avoir confiance dans la manière dont le recrutement a été conduit. Il rappelle qu’un nombre très élevé de candidatures avait été annoncé après l’ouverture du poste, parlant de plus de 99 dossiers, avant que Queiroz ne soit finalement choisi.
L’ancien ministre ne présente pas, dans cette intervention, de document démontrant une irrégularité financière, de témoignage établissant un paiement illicite ou de conclusion d’une enquête officielle. Son emploi du terme de corruption doit donc rester attribué à son propos et ne peut être transformé en constat sur la Fédération ghanéenne de football ou sur les personnes impliquées dans le recrutement. Aucune décision d’une autorité compétente établissant une corruption n’est rapportée avec cette accusation.
Vanderpuye a aussi critiqué le profil sportif du sélectionneur et estimé que Queiroz n’était pas l’entraîneur dont les Black Stars avaient besoin. Cette appréciation relève de son jugement. Elle intervient toutefois dans un contexte de forte pression sportive : le Ghana vient de s’incliner 4-2 contre la Gambie après avoir mené 2-0, un scénario qui a relancé les questions autour de la direction technique et de la gestion de l’équipe.
La controverse touche donc deux niveaux qu’il serait trompeur de fusionner. Le premier concerne le choix sportif d’un entraîneur, sujet sur lequel dirigeants, anciens responsables et supporters peuvent défendre des positions différentes. Le second concerne la régularité du processus de recrutement. Sur ce terrain, une accusation de corruption nécessite des éléments vérifiables, une enquête ou des conclusions officielles avant de pouvoir être présentée comme un fait.
Les déclarations de Vanderpuye placent néanmoins la transparence de la procédure au centre du débat. Le nombre de candidatures annoncé, les critères de sélection et la manière dont le choix final a été arrêté constituent des questions factuelles auxquelles une fédération peut répondre sans que cela valide automatiquement l’accusation portée contre elle. Une explication documentée du processus permettrait de distinguer les désaccords sur le profil de Queiroz des soupçons portant sur la procédure elle-même.
À ce stade, le constat le plus précis reste donc limité : un ancien ministre conteste publiquement le recrutement de Carlos Queiroz et évoque une possible corruption ; aucune preuve de corruption n’est établie dans les informations publiées avec cette prise de parole. Les résultats des Black Stars peuvent alimenter les critiques sportives, mais ils ne constituent pas en eux-mêmes une preuve sur la manière dont le sélectionneur a été nommé.








