Six buts encaissés donnent forcément l’impression d’un projet dépassé. Pourtant, juger les débuts de Yaya Touré au Slovan Bratislava sur cette seule soirée parisienne reviendrait à oublier comment son équipe est arrivée en Ligue des champions. L’Ivoirien a d’abord conduit le club à travers trois tours qualificatifs, avant de découvrir l’écart qui le sépare du double champion d’Europe.
Les deux constats peuvent coexister. La qualification représente un résultat important. La défaite 6-1 révèle aussi des limites que le prestige de l’adversaire ne suffit pas à faire disparaître.
La qualification reste un premier résultat concret
Touré n’a pas simplement hérité d’une place dans la phase de ligue. Il a dû la gagner à travers des confrontations aller-retour, avec la nécessité de gérer des scénarios différents et de préserver les chances de qualification jusqu’au bout.
Ce parcours constitue une première base pour évaluer son travail. Il ne garantit pas la réussite de la saison, mais empêche de présenter son arrivée sur le banc comme une expérience sans résultat.
Paris a ensuite imposé une exigence bien différente. Encaisser deux buts rapprochés, puis trois autres avant l’heure de jeu, a rapidement privé le Slovan d’un match dans lequel il aurait pu rester compétitif plus longtemps.
Trouver un équilibre sans renoncer à jouer
L’enjeu pour Touré sera de rendre son équipe plus résistante sans supprimer toute ambition offensive. Le but de Suleiman Camara rappelle que le Slovan possède des joueurs capables de créer du danger. Encore faut-il leur permettre de le faire dans une rencontre qui n’est pas déjà perdue.
Cela demande de mieux protéger les moments où l’équipe avance, mais aussi de savoir ralentir une rencontre lorsqu’elle commence à lui échapper. Il ne s’agit pas nécessairement de défendre plus bas pendant 90 minutes. Il s’agit de choisir les situations dans lesquelles le risque peut être pris.
Le championnat fournira également un indicateur important. Après quatre victoires initiales, le Slovan avait perdu ses deux dernières rencontres nationales avant Paris. La réception de Žilina doit donc servir à retrouver des points autant qu’à réagir au revers européen.
Le projet de Touré mérite du temps, mais ce temps doit produire des progrès visibles. La qualification a établi une première crédibilité. La capacité à corriger les difficultés décidera de la suite.
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