Le calendrier a produit une situation rare : plusieurs sélections majeures d’Afrique ont abordé la même campagne qualificative avec un nouveau patron et des choix immédiatement visibles. Hervé Renard en Côte d’Ivoire, Patrick Vieira au Sénégal, Ibrahim Hamdani en Algérie et Pitso Mosimane en Afrique du Sud ne partent pas du même point, mais tous ont commencé par toucher à la hiérarchie de leur groupe plutôt que par simplement reconduire l’ordre précédent.
Renard a été le plus spectaculaire dans le volume de nouveautés. Pour son retour chez les Éléphants, il a convoqué huit nouveaux joueurs dans une liste de 25. Malick Yalcouyé a ensuite marqué contre le Ghana lors d’une victoire 2-0, donnant une traduction immédiate à cette ouverture. Le Français retrouve une sélection championne d’Afrique en 2024 mais déjà privée de plusieurs anciens cadres, avec l’obligation de renouveler le milieu sans perdre l’exigence de résultat.
Vieira hérite d’un Sénégal dont la base reste très compétitive, mais son premier rassemblement a aussi rebattu plusieurs cartes. Édouard Mendy a pris sa retraite internationale, Sadio Mané était absent pour un problème physique et plusieurs nouveaux joueurs ont été intégrés. Le sélectionneur a conservé l’expérience de Kalidou Koulibaly, Idrissa Gana Gueye ou Ismaïla Sarr tout en ouvrant davantage de place à des profils plus jeunes. Le nul contre le Mozambique puis le déplacement en Éthiopie servent autant à prendre des points qu’à définir les responsabilités de cette nouvelle phase.
En Algérie, Hamdani a pris une décision forte avant même son premier match : Houssem Aouar et Hicham Boudaoui n’ont pas été retenus pour des raisons techniques. Sa liste compte huit attaquants et une concurrence importante dans les zones créatives. La victoire 3-1 contre la Zambie, avec des buts d’Ibrahim Maza et d’Anis Hadj Moussa, a donné à son projet une première validation sportive sans figer la hiérarchie.
Mosimane, enfin, revient diriger l’Afrique du Sud pour une troisième période à la tête des Bafana Bafana. Cinq joueurs ont reçu une première convocation dans son groupe de septembre, alors que l’équipe sort d’un Mondial 2026 conclu en seizièmes de finale. Son défi est différent de celui de Renard ou Hamdani : il doit prolonger une dynamique récente tout en imposant sa méthode. Ces quatre chantiers se croisent autour d’une même échéance, la CAN 2027, mais chacun cherche sa propre combinaison entre continuité et rupture.
Les premiers résultats montrent aussi que ces chantiers n’avancent pas au même rythme. La Côte d’Ivoire a commencé par un succès 2-0 contre le Ghana, l’Algérie par un 3-1 contre la Zambie et l’Afrique du Sud par un 2-1 contre la Guinée, tandis que le premier match compétitif de Vieira s’est terminé sur un nul 1-1 contre le Mozambique. Ces scores ne suffisent pas à juger les projets, mais ils influencent la liberté des sélectionneurs : gagner donne davantage de marge pour tester, alors qu’un départ hésitant accélère le débat sur les choix. Les fenêtres suivantes serviront surtout à déterminer quelles nouveautés deviennent des titulaires durables plutôt qu’à multiplier les changements pour eux-mêmes.








