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Pourquoi l’Afrique peut décider du sort d’Infantino à la FIFA
Pourquoi l’Afrique peut décider du sort d’Infantino à la FIFA

Pourquoi l’Afrique peut décider du sort d’Infantino à la FIFA

La bataille pour la présidence de la FIFA pourrait se jouer en Afrique. Avec 54 fédérations parmi les 211 membres de l’organisation, la CAF représente près d’un quart du corps électoral mondial. Et surtout, le système de la FIFA applique un principe déterminant : le Cameroun, le Nigeria ou le Maroc disposent exactement de la même voix que la France, l’Allemagne ou le Brésil. Dans un scrutin à la majorité simple, où 106 voix suffiraient si les 211 membres participent, le seul bloc africain représente donc plus de la moitié du chemin nécessaire vers la victoire.

Cette puissance numérique explique pourquoi Gianni Infantino a toujours accordé une importance stratégique au continent. Sous sa présidence, la FIFA a renforcé ses programmes de développement et l’Afrique a obtenu davantage de places à la Coupe du monde avec le passage à 48 équipes. Pour de nombreuses petites fédérations, les financements internationaux ne constituent pas une question abstraite de gouvernance : ils permettent de construire des terrains, développer le football féminin, financer les sélections ou améliorer les structures administratives. C’est précisément cet argument que Samuel Eto’o et plusieurs dirigeants africains utilisent aujourd’hui pour défendre Infantino.

Mais parler d’un « bloc africain » peut être trompeur. La CAF peut adopter une position politique commune, chaque fédération conserve individuellement son bulletin. En avril 2026, les 54 associations avaient officiellement soutenu la réélection d’Infantino, avant que la contestation internationale ne prenne de l’ampleur. L’histoire des élections FIFA montre d’ailleurs que les consignes des confédérations ne garantissent jamais totalement les votes de leurs membres.

C’est pourquoi la possible dissidence de plusieurs fédérations africaines inquiète autant le camp Infantino. Perdre dix ou quinze voix en Afrique ne représenterait pas simplement quelques défections symboliques. Dans une élection serrée, elles pourraient faire basculer toute l’arithmétique mondiale, surtout si l’UEFA, une partie de l’Asie et de la Concacaf parviennent parallèlement à se ranger derrière un candidat commun.

Le rapport de forces possède également une dimension diplomatique. Un adversaire présenté uniquement comme le candidat de l’Europe aurait probablement du mal à convaincre certaines fédérations africaines, attachées à préserver leur influence face aux grandes puissances traditionnelles du football. À l’inverse, une personnalité capable de promettre la continuité des investissements tout en proposant davantage de transparence pourrait commencer à détacher des voix du président sortant.

Une précision compte cependant : 106 voix ne garantissent pas nécessairement une victoire dès le premier tour. Les statuts de la FIFA exigent les deux tiers des voix des membres présents et habilités à voter au premier scrutin. La majorité simple de plus de 50 % devient suffisante lors des tours suivants. L’importance stratégique des 54 voix africaines n’en est que plus grande.

Infantino peut donc perdre une partie de l’Europe et rester compétitif. Il peut difficilement se permettre de perdre simultanément l’Europe et une fraction importante de l’Afrique. C’est là que se trouve le véritable enjeu de 2027 : le soutien de la CAF n’est pas seulement prestigieux pour Infantino, il constitue l’une des fondations mathématiques de sa survie à la tête de la FIFA.

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