Le 3-1 du Maroc contre l’Algérie, mercredi 30 septembre en Égypte, ne suffit pas à établir une hiérarchie durable entre les centres de formation du Maghreb. Il donne en revanche une photographie utile du moment. Les Lionceaux de l’Atlas ont marqué trois fois en onze minutes par Sami Bouhoudane, Mohamed Monssef et Ilyes Haidaoui, portant leur total à quatre points après deux rencontres dans le tournoi UNAF qualificatif pour la prochaine CAN U20.
Le Maroc aborde cette catégorie avec un capital de confiance exceptionnel : sa génération U20 précédente a remporté la Coupe du monde 2025. Ce titre a changé le standard auquel son travail de formation est comparé. Les succès dans les catégories inférieures ne garantissent jamais une grande équipe A, mais ils créent un environnement où les meilleurs jeunes savent qu’une progression rapide est possible. La sélection senior a d’ailleurs commencé à intégrer des joueurs issus de ces parcours, comme Yassir Zabiri, appelé en septembre avec les A.
L’Algérie se trouve dans une phase différente. Son U20 a démarré le tournoi régional par un nul contre la Tunisie avant de subir la poussée marocaine. Le score du 30 septembre expose des écarts dans la gestion des temps faibles, mais il ne condamne pas la génération. Le pays vient parallèlement de promouvoir Ibrahim Hamdani à la tête des seniors après son travail avec les U21, preuve que la passerelle entre formation et équipe A peut aussi passer par les techniciens et les méthodes, pas seulement par les joueurs.
La Tunisie avance avec moins de lumière médiatique, mais son rôle dans ce tournoi est tout aussi instructif. Son match nul face à l’Algérie montre qu’elle reste compétitive dans l’espace nord-africain, alors que la sélection A vient elle aussi d’entamer un renouvellement important. Pour les trois pays, la valeur du tournoi ne sera pas seulement mesurée par le classement final : la capacité à faire progresser les joueurs vers les U23 puis les seniors comptera davantage.
Le Maghreb ne présente donc pas une seule « génération U20 ». Le Maroc possède aujourd’hui le repère international le plus fort, l’Algérie cherche à convertir son potentiel en continuité et la Tunisie doit consolider sa propre filière. Le tournoi UNAF met ces trajectoires en confrontation directe, ce qui en fait un observatoire beaucoup plus utile qu’un simple concours de résultats à court terme.
Un autre indicateur sera le passage vers le football de clubs de haut niveau. Une génération U20 peut dominer grâce à une cohésion construite depuis plusieurs saisons puis perdre son avantage si ses meilleurs éléments jouent peu chez les professionnels. Le Maroc bénéficie aujourd’hui d’un effet d’entraînement créé par ses succès récents, mais l’Algérie et la Tunisie disposent elles aussi de joueurs évoluant dans des centres et championnats compétitifs. La prochaine étape ne consiste donc pas seulement à se qualifier pour la CAN U20 : elle consiste à faire en sorte que les meilleurs de 2026 accumulent des minutes seniors avant que leur cycle de jeunes ne se termine.








