Le passage de la Coupe d’Afrique des nations à un rythme quadriennal à partir de 2028 continue de provoquer des remous dans le football africain. La décision de la CAF de ne plus organiser son tournoi phare tous les deux ans est aujourd’hui citée parmi les motifs de mécontentement de certains dirigeants du continent envers Gianni Infantino. Le président de la FIFA avait lui-même défendu cette idée dès 2020.
Pour les opposants à la réforme, le problème est d’abord économique. La CAN constitue la principale compétition commerciale de la CAF. Réduire de moitié le nombre d’éditions sur une période de huit ans signifie également moins de droits télévisés, de sponsoring et de recettes liées aux compétitions. La nouvelle fréquence aurait notamment compliqué la négociation de contrats commerciaux à long terme dont la valeur dépendait d’un tournoi organisé tous les deux ans.
La dimension sportive est tout aussi importante. Dans plusieurs pays, accueillir régulièrement la CAN permet de financer des stades, des centres d’entraînement et différentes infrastructures. La compétition offre également une exposition essentielle aux joueurs évoluant encore sur le continent. Certains responsables reprochent surtout à la CAF un manque de consultation avant une décision aussi structurante pour le football africain.
Cette frustration prend aujourd’hui une dimension politique. Alors que la CAF soutient officiellement Infantino pour l’élection présidentielle de la FIFA en 2027, plusieurs dirigeants africains explorent parallèlement l’idée d’une candidature alternative. La réforme de la CAN n’explique pas à elle seule cette contestation, mais elle cristallise une question plus profonde : l’Afrique conserve-t-elle réellement la maîtrise des décisions qui concernent sa compétition la plus importante ?





