La profondeur d’un effectif ne se mesure pas seulement au nombre de joueurs connus. Elle dépend de la capacité à remplacer un titulaire sans changer complètement le niveau ou le plan de jeu. Les listes publiées pour les qualifications de la CAN 2027 offrent une bonne photographie de quatre sélections particulièrement fournies : le Maroc, le Sénégal, le Nigeria et l’Algérie. Chacune possède une zone où la concurrence paraît plus forte que chez les autres.
Le Maroc présente l’effectif le plus équilibré entre les lignes dans cette sélection de septembre. Mohamed Ouahbi a convoqué quatre gardiens, dix défenseurs, huit milieux et sept attaquants. Achraf Hakimi, Noussair Mazraoui et Nayef Aguerd encadrent une défense large ; Bilal El Khannouss, Azzedine Ounahi, Ismaël Saibari, Neil El Aynaoui ou Ayyoub Bouaddi densifient le milieu ; Brahim Diaz, Soufiane Rahimi, Abdessamad Ezzalzouli et plusieurs jeunes se disputent les places devant. L’arrivée d’Abdellah Ouazane, Yassir Zabiri et Soufian El Faouzi augmente encore le choix sans effacer les cadres.
Le Sénégal possède une densité comparable, mais avec un profil différent. Patrick Vieira s’appuie encore sur Kalidou Koulibaly, Moussa Niakhaté, Idrissa Gana Gueye, Pape Matar Sarr, Ismaïla Sarr ou Nicolas Jackson, tout en intégrant des joueurs plus jeunes. La retraite d’Édouard Mendy ouvre une vraie compétition chez les gardiens, où Yehvann Diouf doit désormais défendre une position plus importante. Devant, l’absence temporaire de Sadio Mané n’a pas laissé le sélectionneur sans solutions, avec Iliman Ndiaye, Jackson, Boulaye Dia, Assane Diao ou Ibrahim Mbaye.
Le Nigeria se distingue surtout par l’attaque. Même privé de Victor Osimhen pour les premiers matches, Eric Chelle pouvait compter sur Ademola Lookman, Samuel Chukwueze, Moses Simon, Akor Adams, Tolu Arokodare et le nouveau George Ilenikhena. Contre Madagascar, Ilenikhena a égalisé avant que Moses Usor, autre solution de la génération montante, ne marque le but de la victoire. Peu de sélections disposent d’autant de profils capables de prendre des minutes lorsque leur avant-centre principal manque.
L’Algérie, elle, affiche une concurrence particulièrement dense dans la création et les couloirs. Huit attaquants ont été appelés, auxquels s’ajoute Ibrahim Maza au milieu. Maza et Anis Hadj Moussa ont déjà marqué contre la Zambie, alors que Belloumi, Boulbina, Amoura, Gouiri, Kebbal ou Chiakha offrent des caractéristiques différentes. La photographie de septembre ne désigne donc pas une sélection supérieure dans tous les secteurs : le Maroc paraît le plus homogène, le Nigeria dispose d’une réserve offensive impressionnante, le Sénégal combine profondeur et expérience, et l’Algérie concentre une forte compétition dans les zones créatives.
La vraie profondeur se vérifiera surtout lorsque les absences s’accumuleront. Le Nigeria a déjà vécu ce test avec le forfait d’Osimhen et a trouvé des buts ailleurs. Le Sénégal doit reconstruire sa hiérarchie de gardiens après Mendy. Le Maroc a intégré des adolescents et de jeunes professionnels sans supprimer ses titulaires établis, ce qui crée une concurrence progressive plutôt qu’une rupture. En Algérie, les choix techniques de Hamdani montrent que même des joueurs expérimentés peuvent sortir de la liste. À huit mois environ de la phase finale, ces quatre staffs disposent encore du temps nécessaire pour transformer l’abondance de noms en rôles clairement définis.
À suivre : Tracker CAN 2027 — calendrier, résultats et qualifications.








